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Italie – La Sardaigne tout baigne – de Cagliari à Oristano

Voici le récit bien détaillé de notre remontée de la Sardaigne en J-20 avant covid.

28 février au 3 mars

La Sardaigne pas si plate que ça.

En ce 28 février, notre traversée de Naples à Cagliari a été plutôt calme, nous réconciliant avec les bateaux. Le retard du départ nous permet de trainer dans les couchettes.

Nous ça nous fait rire
Cheveux au vent, ouai !

Nous arrivons à Cagliari à 14h au lieu des 9h30 annoncés. Pour sortir du port, nous devons encore passer 2 étapes :

  • Une mesure de température pour vérifier qu’on amène pas de coronavirus sur cette belle île de Sardaigne.
  • Prendre le bus pour sortir du port soit environ 150m…. monter tout le bordel dans le couloir pour ça… merci la sécurité.

Nous allons au parc le plus proche pour déjeuner et organiser notre séjour sur cette île. La place est principalement fréquentée par des émigrés africains. A l’arrivée de deux gendarmes, elle se vide pas mal. Les agents de l’ordre appliquent alors la fameuse technique du faciès pour contrôler les papiers de toute personne de peau noire et nous laisser tranquilles alors qu’on a une sacrée gueule de gitans.


Nous réservons une chambre toute proche pour visiter Cagliari. Nous grimpons au château où les jeunes et les amoureux se retrouvent pour profiter des derniers rayons du soleil et errons dans les belles ruelles l’entourant.


Nous en avons profité pour élaborer notre itinéraire vers Porto Torres au nord-ouest où nous prendrons le bateau pour la Corse. Nous pensons passer 10-15 jours ici. Le trajet est assez simple : on prend un train pour Iglesias sur la côte ouest, puis c’est tout droit vers le nord… enfin ça c’est le principe parce que le tout droit en Sardaigne ça n’existe pas. Et c’est pas tout plat…

Nous prenons aussi le temps de remettre nos vélos à neuf en changeant la chaîne. Trop tard. Elle a déjà bien rongé toutes les dents et finalement la chaîne saute dès qu’on force sur les pédales, enfin surtout pour Julian (mais ça Julian ne le savait pas en quittant le magasin de vélos). Peut-être qu’il force plus ou que les pignons sont plus usés… Ça fera une excuse pour mettre pied à terre dans les montées.

Un peu plus et on échangeait la chariotte !


Avant de partir, et étant à la rue, nous allons visiter le jardin botanique, super chouette et super reposant… Merde ! On n’a plus de gaz ! Il est midi moins 10, c’est parti pour la tournée des magasins de sports outdoor, il y en a plusieurs, mais un seul est ouvert ! Ouf, ce super magasin de chasse-pêche nommé Bracco est encore ouvert et a les bonnes bouteilles de gaz, par-fait ! Tiens, mais il y a aussi des super baskets à -40%, allez, je sens que je ne vais pas le regretter, la pluie est annoncée cette semaine, mes vieilles baskets ne me tiendront pas au sec. Allez hop ! Je retourne trouver Julian et Apolline, tout fière de mes emplettes. Nous pouvons filer à la gare, où je laisse les vieilles baskets en offrande à la poubelle, ce n’était pas du luxe.

Adieu, merci pour les bons et loyaux services !


Sortis du train à Iglesias, nous descendons à fond vers la mer où le paysage nous enchante, par contre dès qu’on tourne vers le nord, ça grimpe sec ! Quel soulagement de rouler de nouveau après une semaine à Naples et de retrouver notre sérénité. On est refait !

L’avantage de la côte ouest : soleil couchant tous les soirs

Par contre nous n’avons plus d’eau. Le premier village fera l’affaire. Nous patientons au bar avec de l’eau au houblon. Le couple à côté de nous nous montre une photo de nous à la gare… la célébrité nous suit. Le gars a fait la course de la Marmotte partant de Bourg d’Oisans et passant par tous les pires cols alpins : Galibier, Télégraphe, Lautaret et finissant tranquille à l’Alpe d’Huez, mais nous admire… il est fou le type !
Le terrain de foot est le seul endroit plat de tout le secteur, donc le lieu de bivouac est tout trouvé.

Un matin comme d’autres, ptits dej’, chargement des vélos, séchage de tente

Le 1er mars, les choses sérieuses commencent. Le ciel s’est couvert, et la pente se redresse : après une belle descente, c’est une pente à 13% qui nous attend. On monte doucement mais sûrement pour finir dans le brouillard, ça rafraîchit ! On se fait une belle étape.

Aarg !
Ah bon ? Ça monte ? Rien senti

Nous visons un bord de mer pour le bivouac du soir, mais avant, il faut trouver de l’eau. Nous nous arrêtons dans un petit hameau pour demander à remplir nos gourdes. (on a vu une cheminée qui fumait, il doit y avoir du monde, même si c’est vraiment paumé). Nous nous approchons jusqu’à la porte-fenêtre et voyons des gens à l’intérieur qui nous regardent mais ne sortent pas… Quelqu’un passe enfin la tête une fois que nous sommes à 1m de la vitre. En agitant nos gourdes à l’envers, ils comprennent que c’est de l’eau que nous cherchons. Ils nous donnent deux bouteilles d’eau minérale et nous engageons la conversation. Le monsieur parle français ! Il a travaillé longtemps en Algérie et est revenu sur sa terre natale en 2010. Sa sœur sort et nous met à tous les trois un magnifique beignet tout chaud et tout moelleux dans les mains : un fate-frito (littéralement fait-frit), quel délice !!! Ils nous expliquent qu’on fait ces beignets pour mardi-gras, et qu’ils ne pouvaient pas ouvrir la porte car pour les réussir, il faut maintenir une certaine température dans la pièce… et bien ça valait le coup ! Nous repartons tout requinqués par cette petite pause gourmande, et nous arrêtons dire bonjour aux moutons et chevaux en passant.

3-4 km plus loin nous trouvons un super site pour bivouaquer avec vue sur la mer.

Et on pousse et on pousse…

Le 2 mars, nous descendons vers la mer pour mieux remonter, faire face à la route de la prison qui n’est pas accessible, entrainant un bon détour de 20 km et 400 m de dénivelé. Nous montons donc jusqu’au col pour mieux redescendre (oui en fait c’est redondant, on n’a fait que ça, monter et descendre en Sardaigne), vers un tout petit bled pour pique-niquer. Ce qu’on oublie de dire c’est que tout ça se passe avec un bon vent de face et de la pluie ! youpi ! Nous mangeons donc dans un bâtiment désaffecté, trouvant le seul endroit à peu près à l’abri des courants d’air, pas chaud pas chaud tout ça ! mais on arrive quand-même à sécher un peu.

Avant de descendre au bord de la mer, il faut faire le stock d’eau. Nous partons pour un bon moment sans croiser de village pour nous ravitailler. Je vais demander à l’auberge d’en dessous de nous remplir nos 6 bouteilles et demande au passage s’il y a bien un chemin pour remonter au Nord une fois qu’on sera en bas, à la plage de Piscinas. « Oui oui, mais il y a 2 rivières à traverser, ça risque de ne pas passer à vélo, il vaudrait mieux passer par Montevecchio » AAarggghh ! Je retrouve Julian et lui explique la situation. Nous vérifions sur maps-me et en effet, on croise deux rivières qui n’ont pas l’air toutes petites. La décision est dure à prendre : il y a une super grosse descente et 15km pour aller à cette plage et si on doit tout remonter pour faire le tour, on est dans la merde. Mais si on décide de faire le tour, on rate une des plus belles plages de la Costa Verde. Empreints de pragmatisme, nous évaluons quels paramètres pourraient nous empêcher de traverser la rivière en mesurant la hauteur des sacoches pour éviter de trop les mouiller. Après tergiversation et tiraillement entre la raison et le goût de l’aventure, Julian me convainc en disant qu’il passera pieds nus avec les vélos et nous convenons du pacte suivant : au delà de 30 cm d’eau, il me porte sur son dos. En fait c’est vrai qu’il y a peu de conditions qui pourraient nous empêcher de traverser : trop d’eau et du courant qui pourraient nous déstabiliser, mais on peut toujours passer à poil en portant les vélos (enfin Julian, parce que moi je suis incapable de soulever mon vélo plus de 5 secondes)…

C’est parti pour la descente vers la plage de Piscinas, vue la pente ça a intérêt de passer, pas trop envie de remonter tout ça ! Nous arrivons en bas et découvrons cette magnifique plage et sa dune, l’une des plus hautes d’Europe. Le vent souffle et nous fouette le visage. Les mouettes se mettent à l’abri du vent dans une dépression dans le sable. Une seule voiture de touristes vient troubler notre tranquillité et ils doivent bien se demander quelle mouche nous a piqué pour venir ici à vélo !


Un des nombreux sites miniers abandonnés
On pense à nos copains skieurs qui font de belles traces dans la neige, nous c’est dans le sable… et Julian se moque bien de moi
Ça souffle
La dune de Piscinas
Plage de Piscinas
C’est parti pour la côte verte

Après ce bref passage sur la plage, nous poursuivons notre route. L’heure de vérité arrive vite : nous voilà devant le passage à gué. Bon, il n’y a pas trop d’eau, mais le fond est sablonneux, ça va compliquer la tâche, il ne faut pas rester embourbés. Je passe mon tour et laisse Julian gérer la traversée comme notre accord le spécifiait. Il s’approche du bord et la roue est déjà enfoncée de quelques cm dans le sable… « SI si, ça va passer, faut juste que tu me pousses », ok, alors 1, 2, 3 ! yeeessss ! Ha ! Zut ! Et un pied dans l’eau, et le 2ème, « vite vite, pousse », ouf ! C’est bon, c’est passé. Premier vélo Ok. Julian retraverse la rivière d’un bond terminé en glissade dans la boue, manquant le plouf bête, ça ne lui vaudra qu’une belle tâche un peu humide sur la fesse, mais c’est bon. Même procédé pour traverser mon vélo, il s’installe aux commandes et je le pousse de la même manière, et pareil, il lui faudra mettre les deux pieds dans l’eau pour finir la traversée. Heureusement, ses baskets sont à peu près étanches et ses pieds restent au sec. À mon tour, la traversée se soldera avec un seul pied dans l’eau, je suis contente de mes nouvelles baskets grotesques qui gardent bien mes pieds au sec. Ouf, et de une rivière traversée, tope là ! On se sera bien marré !

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?
Guado ?

Nous continuons sur le chemin jusqu’au 2ème passage à gué. La rivière est toute rouge et la traversée peut se faire en deux fois. Julian passe devant et traverse sans encombres, enfin presque, il faudra bien mettre les 2 pieds dans l’eau pour atteindre l’autre rive. Je prends mon élan aussi, mais je suis obligée de finir la traversée en poussant le vélo, et hop 2 pieds dans l’eau aussi ! Mais les chaussures font le job, nos pieds restent secs, c’est là tout l’enjeu quand on n’a qu’une seule paire de pompes, de la pluie annoncée et une nuit de bivouac en perspective.

Le deuxième gué

Nous voulons continuer un peu plus loin mais le ciel se noircit et les premières gouttes commencent à tomber. En 3 minutes le spot de bivouac est trouvé et la grosse pluie arrive. En 4 autres minutes la tente est montée et nous pouvons nous y mettre à l’abri, ouf !

Nous passerons le reste de la soirée dans la tente. Heureusement, ça se calme un peu pour pouvoir faire la cuisine. Nous sommes au milieu des buissons, sur la dune, le site est juste parfait, et l’un des plus sauvages que nous ayons fait.

3 mars
Nous nous réveillons sous un beau soleil, le temps de déjeuner, charger les vélos et rencontrer les habitants des lieux et nous pouvons repartir.

On fait de belles rencontres d’orchidées dans les buissons ! (Je ne vous dirai pas pourquoi je suis allée dans les buissons…)

Rapidement nous retrouvons une route goudronnée et pouvons parcourir notre longue étape faite de virages, de montées et de vent de face. Dans une grande descente et la fatigue aidant, je m’en remet aux éléments : je laisse le vent et la gravité décider de mon sort. La gravité gagnera de peu, laissant ainsi mon vélo descendre la pente au ralenti. Il faut trouver la bonne vitesse et l’énergie nécessaire pour se faufiler dans l’air et continuer d’avancer sans se cramer totalement. L’humilité et l’acceptation sont alors de mise. Ne pas vouloir lutter contre les éléments, mais juste trouver sa place et arriver à aller où on veut sans passer toute son énergie.

Pente minimum pour contrer le vent

Au bout de 30 km, nous passons près des flamands roses et arrivons dans le petit village ciblé sur la carte, dans lequel nous pourrons à priori manger au restaurant. Le village a l’air désert mais deux restaurants sont quand-même ouverts ! L’embarras du choix ! Nous nous installons dans le plus miteux des deux, qui fait des spécialités de poissons (l’autre était une pizzeria plus moderne, mais moins typique). Enfin le calme ! Le vent qui souffle dans les oreilles nous épuise. Nous commandons des spaghettis aux arselles et à la botargue, la spécialité sarde d’œufs de mulets séchés et râpés. C’est délicieux ! Apolline adore manger la petite bébête qui se cache dans les coquillages.

Nous faisons un point sur la situation : il reste encore 30 km pour arriver à Oristano, la grande ville suivante. Le vent souffle toujours très fort, et nous allons traverser une plaine plutôt plate et ennuyeuse. Nous découvrons l’existence d’une gare à 13 km. Ce sera parfait. Après notre bon repas, nous repartons pour nos 13 km jusqu’à la gare. Nous confirmons notre agréable surprise avec une gare de plain-pied, très bien organisée pour les vélos, et rejoignons tranquillement Oristano.

Cette arrivée plus précoce nous permet d’aller faire trois courses et, pour Apolline, de jouer un peu, elle avait déjà passé pas mal de temps dans la chariotte pour aujourd’hui. Nous trouvons un petit studio en plein centre ville. Nous aimerions bien faire une petite pause, malheureusement, l’appartement n’est pas disponible demain soir, nous allons donc continuer notre chemin…

…que nous vous raconterons dans le prochain épisode… et oui il faut bien se réserver, vous avez encore 15 jours à tenir dans le canap’ !

Allez courage à tous, prenez soin de vous, et lâchez prise, ça lubrifie la vie !

Tiens, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas fait un point évolution physique…

3 réflexions sur « Italie – La Sardaigne tout baigne – de Cagliari à Oristano »

  1. Catherine Krupezack 22 mars 2020 — 0 h 53 min

    Hello vous 3!
    Quelle aventure la Sardaigne, magnifique et sauvage !
    Haha bien trouvé le parfum Des vélos.. Senteur de peau et sueur on dirait !
    Bises

    J’aime

  2. Hello, j’avais perdu un peu le file depuis la Turquie !!!!!!
    Bon, j’ai repris le fil 😉
    Du coup coincé en Corse pr l’instant…. Profitez en, même si les déplacements sont limités. Ici on fait….😀.
    Des bises

    J’aime

  3. Mais quel suspens complèèèètement dingue avec ce passage de rivière… ah ça m’a tenue en halène(non alcoolisée je précise) !!
    On sentirait presque la fin du voyage avec ces petits soucis mécaniques et l’équipement vestimentaire qui commence à flancher
    On espère vous revoir bientôt
    la bise

    J’aime

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