Italie – Les Pouilles ça dérouille – remontée vers le Nord

Avec un petit mois de décalage (février est trop court) voici notre récit de la remontée de la pointe du talon de l’Italie vers Naples.

Mercredi 12 février

Arrivés au bout du bout de la botte italienne, nous remontons le long de la côte ouest en direction de Taranto.

2h13… ou plus !


Nous commençons avec une belle journée de vélo au bord de l’eau et enfin une douche et un lit à l’arrivée à Gallipolli, charmante presqu’île.


Jeudi 13 février


Nous longeons à nouveau la côte toute la journée sur 55 km. Pour le bivouac du soir, nous visions sur la carte un parc. Une fois sur place, on fait le tour mais je ne suis pas satisfaite de l’emplacement, nous sommes trop près du village, je n’aime pas trop ça. En attendant de voir, nous allons boire une bière au bar avec les (un peu trop) habitués du village. Il y a un chat, un chien, Apolline les caresse, bref, on parle à tout le monde. On leur dit qu’on va camper par là… ok. Plus tard, un gars vient nous voir et nous dit qu’il a un camping, je lui demande s’il est ouvert et ça fait rire tout le monde. T’inquiète ! en gros on comprend « non mais c’est mieux là-bas, vous aurez au moins de la lumière, des toilettes et de l’électricité pour charger le téléphone ». On file sur nos véhicules respectifs en le suivant jusqu’à son aire pour camping-car. Nous nous posons à l’abri et faisons cuire le repas tranquillement. Me voilà rassurée, on est très bien ici en plus on a un super copain lézard qui nous surveille d’en haut du mur.

Salut !


Vendredi 14 février

Dernière étape jusqu’à Taranto. En fin d’après-midi, toujours pas de confirmation du Airbnb puis finalement un message : « en fait la chambre que vous avez réservée n’est pas disponible mais j’en ai une autre qui est par contre plus chère car nous l’avons préparée pour la saint-Valentin… » un peu inquiets, nous demandons combien, puis une heure après : « en fait c’est bon je me suis arrangé, vous pouvez venir ». Ouf ! On commençait à flipper de ne rien trouver à Taranto. C’est assez grand et ça n’a pas l’air d’être la ville la plus gaie d’Italie.

Notre chambre Saint-Valentin

Flash-back, aujourd’hui nous avons fait 50 km. On a cherché en vain un resto à midi, puis Julian a finalement trouvé un super traiteur et nous avons mangé sur un parking : un petit cœur en légumes, des lasagnes, des aubergines à la tomate, des patates aux champignons, un calamar fourré en guise de repas aux chandelles de la saint-Valentin.

Love you baby

Juste après manger, les gros nuages noirs nous font hésiter à repartir. Le temps de changer Apolline et la décision se prend toute seule : la tempête arrive et nous voilà trempés en 30 secondes, juste le temps de rejoindre une pâtisserie-café. Nous y passerons une bonne heure avec un cappuccino et une viennoiserie, extasiés devant le comptoir vitrine de 10 mètres blindé de gâteaux. Vont-ils vraiment vendre tout ça ? Je crois que les Italiens mangent beaucoup de pâtisseries !

Nous décollons pour finir l’étape. Nous nous étonnons très vite de la vitesse à laquelle nous avons séché… mais ça c’était avant que je me fasse éclabousser par une bagnole roulant à fond dans une flaque… Screugneugneu 😖😤☠ !

Samedi 15 février

Visite rapide de Taranto qui est tristement la ville la plus polluée d’Europe grâce à un sublime complexe sidérurgique juste en face de son centre historique un peu délabré. Au moins on a bien traîné au café ce matin avec les locaux, c’était rigolo.

Changement de pilote

Vers 14h nous prenons le train pour monter à Martina Franca. Visite de la ville, nous nous perdons dans les ruelles blanches labyrinthiques où se côtoient harmonieusement le jeune et le moins jeune.

Nous continuons vers Locorotondo. Un petit tour au centre et il fait déjà nuit. Il faut encore trouver un endroit pour dormir.

Je pars en repérage, le parc à la sortie de la ville fera parfaitement l’affaire à condition que la vingtaine de scouts en train de faire une messe dans le bois ne dorme pas là aussi. Nous les voyons passer peu après près de l’aire de jeu où Apolline se dégourdit les pattes. Ouf, nous serons tranquilles ! Par contre ça caille. Nous décidons d’aller manger une pizza au chaud avant d’aller nous installer.

Dimanche 16 février

Bivouac aire de jeux… un de plus

Ce matin dans la tente, je découvre qu’il y a un super carnaval à Putignano et c’est pas très loin. Comme une dingue je saute hors de la tente : « Ju ! changement de programme on va à Putignano il y a le carnaval !! » Accueil plutôt froid du serial-planificateur barbu. Ça ne lui plaît pas trop quand on change les plans à la dernière minute et pas question pour moi de laisser passer une telle occasion d’aller faire la fête. Après d’âpres négociations, quelques froncements de sourcils et haussements de ton, nous décidons d’aller à Putignano cet après-midi après la visite d’Alberobello.

Direction Alberobello le village des Pouilles à voir. En effet, ce village de trulli vaut le détour ! Bon par contre je trouve toujours ça dommage de voir ce patrimoine bâti entièrement dédié au tourisme, n’abritant plus que des magasins de souvenirs et quelques restaurants, mais il faut croire que c’est le seul secteur d’activité qui génère assez d’argent pour pouvoir entretenir et restaurer ces petites maisons en pierre… Bref, on fait comme tout le monde, on prend nos petites photos et on observe les gens, on est content.

Alberobello
Un trullo des trulli

Après un petit pique-nique en périphérie à observer les flics italiens pruner les petits jeunes qui ne mettent pas leur ceinture et fouiller toute une fiat panda car le conducteur avait mal mis son bonnet et semblait fumer des pétards, nous filons à Putignano.

En arrivant près du centre-ville, nous sommes un peu déconcertés par l’ampleur de l’événement. C’est l’un des plus gros carnavals d’Italie et date de plus de 600 ans. C’est très connu, le centre-ville est donc bouclé. C’est 10 € l’entrée et vélos interdits. Nous discutons avec les vigiles. Ils sont OK pour qu’on laisse les vélos juste à côté d’eux, comme ça ils seront en sécurité et puis « it’s 10 euros but you can go for free, don’t worry, it’s ok… just because it’s you… » merciiiiii !


Nous franchissons donc le barrage et pouvons maintenant aller découvrir les immenses chars qui ont défilé ce matin. Ils sont magnifiques ! On est dans le moment creux entre le défilé de ce matin et la grosse fête de ce soir. Il y a moins de monde, ce qui nous permet d’aller voir et même de toucher les chars. La thématique de cette année c’est la Terre vue du carnaval, du coup la majorité parle d’écologie, ça fait chaud au cœur et aux yeux.

C’est grave docteur ?
Edouard, tu pousses le bouchon un peu trop loin !
Dernier paradis sur terre

Apolline découvre les confetti, en ramasse plein et ne se gêne pas pour aller les jeter sur les autres enfants qui le lui rendent bien.

Confetti power !
Oh ! Des copains !

Nous sommes aux anges, l’ambiance est super, mais malheureusement nous n’allons pas pouvoir rester pour la soirée. Apolline commence à fatiguer et nous ne savons toujours pas où nous allons dormir. À 18h nous quittons donc les lieux pour nous diriger vers un hypothétique coin de bivouac. Nous avons repéré une forêt à 4 km à côté d’un hôpital et au-dessus d’une voie ferrée sur Maps-me. En partant nous croisons Alessia et Savino déguisés en Viking, drôle de surprise ! Ça nous fait plaisir de les voir, ils ont même déguisé le chien !

Il fait déjà nuit mais heureusement nous trouvons rapidement un endroit pour planter la tente. C’est toujours bizarre de s’installer de nuit, on ne sait pas vraiment ce qu’on va découvrir autour de nous au réveil.


Lundi 17 février

Nous quittons Putignano pour rejoindre un dernier joyau des Pouilles : Matera. On est dans la campagne parsemée de trulli. Notre appli Maps-me nous concocte des petits itinéraires très bucoliques sur les chemins de terre (ou de boue). Il y a encore beaucoup d’arbres dans les champs séparés par des murets en pierre. On est tout seul, il fait beau, c’est calme mais on n’entend pas trop d’oiseaux, c’est dommage (ou triste), le printemps ne devrait pas tarder.

Nos 55 kilomètres passent finalement assez vite pour conclure par une arrivée sur Matera pas des plus glamour. Nous passons devant les carrières de tuf qui ont servi à construire la ville. Ça fait des sacrées piscines ! Puis nous empruntons la seule piste cyclable de Matera pour gravir la pente à 10% permettant d’accéder au centre-ville. Nous finissons par trouver l’adresse de notre BnB et recevons en même temps un message rappelant le règlement : « Pas de vélo, pas la peine de demander. Pas d’enfant, pas la peine de demander… » oups on avait peut-être pas tout bien lu avant de réserver… Nous envoyons un message pour nous excuser et voir comment on fait. Pas de réponse jusqu’à l’heure du check-in où le proprio est là, un peu ronchonchon, mais il est là, et on va pouvoir dormir là. On se voyait mal chercher un autre logement à 17h à Matera où tout est bien cher et puis après une heure de train, deux bivouacs, un carnaval, un village touristique, et une centaine de bornes à vélo, on méritait bien notre douche.

Mardi 18 février

A Matera, nous déambulons dans la vieille ville, on se perd dans tous les escaliers et les recoins, c’est fou cette ville !

Arrivée sur Matera un peu frisquette !
Au départ c’était une ville troglodyte… habitée depuis la préhistoire ! Et jusqu’aux années 1960, les conditions de vie étaient très rudimentaires, avec un taux de mortalité infantile très élevé

Dans notre rue, un autre voyageur s’est installé… par terre avec son chien. Il fait la manche avec un écriteau qui dit qu’il voyage à pied. Il fait coucou à Apolline à chaque fois qu’on passe. Au bout de plusieurs passages, je finis par m’arrêter pour discuter. C’est un allemand qui a déjà fait plusieurs fois le tour du monde à pied, il en est à 400.000 km et 19 ans de voyage. Il marche de 20 à 50 km par jour, pas de stop, pas de train, que ses pieds ! C’est complètement fou, je ne regrette pas d’avoir posé la question ! Il offre même des chocolats à Apolline que quelqu’un a dû lui offrir. En se quittant, je lui souhaite spontanément bon voyage, tout en me rendant bien compte que c’est absurde puisque après 19 ans, ce n’est plus un voyage, c’est juste sa vie, son quotidien. On n’est plus du tout dans le même référentiel !

Puis la ville a été vidée et restaurée, passant en 50 ans de la honte de l’Italie à la capitale européenne de la culture cette année puis une destination touristique de luxe !

Mercredi 19 février

Réveil matin 6h30 par Apolline, youhou on est content ! Du coup nous pouvons partir tôt de Matera. Nous passons faire coucou vite fait à notre copain voyageur et Apolline peut caresser une dernière fois Bello le chien. On avale même 50 km dans la matinée grâce à la grande descente et au vent dans le dos. Nous passons par une route éboulée, c’était limite mais c’est passé quand même. On circule dans la campagne. Même si c’est vallonné, l’agriculture n’a pas l’air extensive. Le travail du sol et le labour sont toujours de mise même en pente. On voit le résultat avec de belles traces d’érosion lors de fortes pluies. Les sols sont nus ou légèrement verdis par les jeunes pousses de céréales. Le paysage doit être bien différent en été ! Nous nous posons pour pique-niquer sur la plage en plein vent. Apolline joue au sable et nous aussi. Nous passons l’après-midi tranquilles puis partons en quête d’un spot de bivouac. Nous finirons entre un village de vacances et la voie ferrée au bout d’un chemin. Nous comprendrons plus tard que c’est le lieu préféré d’un couple qui repartira déçu avec un grand sourire et  » scusa per il dirangemento »

Prise en flagrant délit de squattage de canard !

Jeudi 20 février


Ce matin à peine réveillés sur notre aire de bivouac que voilà un petit camion qui arrive avec une mini-pelle. Original cette fois, ça change des visites de couple illégitime sur leur spot de 5 à 7.

Oh ! Une minipelle !

Aujourd’hui c’est journée sans programme. Nous allons rester dans le secteur et juste attendre demain pour prendre le train à Metaponto à seulement 10 kilomètres.

Sur la route, on s’arrête au site antique puis au café (le seul ouvert) pour essayer de se réchauffer. Le fort vent fait bien tomber la température ressentie. Nous pique-niquons devant l’église au soleil et à l’abri du vent avant d’aller au chaud au musée archéologique. Nous sommes les seuls visiteurs. Tous les autres sont en train d’arroser le départ à la retraite d’une collègue. Heureusement une expo temporaire sur les maths (Metaponto est la ville de décès de Pythagore) nous occupe une bonne partie de l’après-midi. Qui l’eût cru ? Il y a plein de choses à manipuler, c’est coloré, interactif. C’est une belle réussite. Une autre expo sur les motifs nous surprend aussi. Bref ça aura été l’après-midi surprise pas mal réussie. Le soir nous bivouaquons derrière un Lido à Metaponto.

Apolline rencontre Pythagore

Vendredi 21 février

Nous émergeons tranquillement par une petite promenade sur la plage. Il ne reste que 2 kilomètres à faire pour rejoindre la gare à 11h.

Un petit crochet pour acheter le déjeuner et nous embarquons tout le convoi facilement dans le train destination NAPLES pour rejoindre Tim et Ionion pour une semaine.

1 réflexion sur « Italie – Les Pouilles ça dérouille – remontée vers le Nord »

  1. Ce coin d’Italie a l’air fort sympathique
    Apolline va pouvoir sauter le CM1 maintenant qu’elle connait si bien pythagore

    J'aime

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