Allez, Hongrie tous : « Plus à l’Est » !

Ou comment nous sommes arrivés à Budapest et avons traversé la Hongrie…

Arrivée de nuit à Budapest

Jeudi 26 septembre, rebelote pour la gare et le train. Nous soldons les derniers Kc en achetant du vin nouveau très doux même à 10h du matin. Pas de news de la veste aux objets trouvés donc nous montons dans le train pour Budapest. Ce coup-ci nous sommes les seuls cyclistes et nous avons un îlot de 4 sièges pour nous… ça va aider à avaler les 6h30 (qui se transformeront en 8h avec le retard).

C’est long, heureusement Apolline est cool, et le temps passe relativement vite entre les repas, la sieste, les promenades, les jeux et sur la fin notre discussion avec cette jeune de 17 ans qui engage la conversation en nous demandant quelle langue nous parlons car cela lui semble vraiment compliqué mais très joli. Ça fait toujours plaisir. Elle nous apprendra quelques mots hongrois, trop bien pour arriver dans un pays et avoir les bases (et les tuyaux sur la bouffe qu’il faut tester).

Nous aurons aussi eu notre petit divertissement en gare de Bratislava où Apolline s’est mise à faire des grimaces en collant son visage à la vitre du train, faisant pouffer de rire toute une classe de collégiens sur le quai, répondant à grand renfort de grimaces et de coucous… tout cela sous les yeux d’un couple de cinquantenaires atterrés par notre déchéance dans l’éducation de notre enfant. Nous pouvions presque entendre leur soupir de désespoir depuis notre place. En tous cas, nous on s’est bien marrés !

Nous voilà donc finalement arrivés à Budapest, ouf !
Encore un petit effort pour arriver chez Laszlo, notre hôte de ce soir. Heureusement, il y a des pistes cyclables tout le long du Danube. Nous sonnons finalement chez lui vers 21h-21h30, Apolline endormie dans la chariote. Il ouvre « ah ! Vous êtes là ! Je ne vous attendais pas ce soir… (blanc)… bon, ben venez, mais c’est le désordre »… c’était peu de le dire en effet ! J’aurai plutôt dit capharnaüm (et il n’y avait pas que le naüm si vous voyez ce que je veux dire… )… bref, après avoir fait rapidement connaissance, il déplie le canapé pour nous, nous installons Apolline pour dormir et réalisons que nous allons tous dormir dans le salon, il dort par terre à côté de nous. Étrange comme sensation ! m’enfin c’est pas grave et nous tombons de sommeil. Nous décidons juste de quitter les lieux au plus tôt le lendemain matin. Au final la nuit est reposante et Lazslo nous abreuve de bons conseils et nous propose un gulash pour le soir. OK on se sacrifie et on garde le camping en plan B. Nous partons visiter Budapest en vélo en profitant de l’île Marghret et son immense parc.

Midi venant, nous allons au grand marché couvert pour les produits locaux : des saucissons en pagaille. Nous remontons tranquillement par la basilique puis l’avenue principale.

La basilique

Nous rentrons à temps pour le gulash arrosé d’une bière (tchèque), d’une palinka puis de vin. A nouveau le salon partagé se transforme en havre de paix.

Bon, ce coup-ci on part. On plie bagage pour le camping à l’autre bout de Budapest. Avant, nous passons à la boulangerie pour prendre un p’ti déj. Nous voyant galérer à commander, une dame nous propose son aide « vous êtes français ? Tu veux quoi ? celui-là c’est au fromage, celui-là c’est au pavot, ça c’est aux fruits rouges… tu veux du sucre avec ton café, du lait ?… » … et voilà, en bref, comment nous nous sommes retrouvés chez Anita, à 200m de l’appart précédent. Comme elle et son mari sont pressés car ils ont des travaux à faire dans un autre appart, elle nous laisse les clés de son appart et nous y déposons nos sacoches avant notre nouvelle journée de visite de Budapest. La chambre de 6m2 qu’elle nous offre nous apparait alors comme un palace. Au point que nous y passerons deux nuits permettant de finir la visite de Budapest avec son château et d’aller barboter aux bains thermaux chacun notre tour car c’est interdit aux enfants de moins de 14 ans…

Le parlement
En bas du château, côté sans touristes
En haut du château, côté touristes, pas moyen de prendre la vue en photo, on met ce qu’on a

Nous flânons dans les parcs et à une fête foraine de pompiers locale super sympa et très instructive. En effet, nous y apprenons que syphilis se dit en hongrois syphilis… c’est le mot employé à la place de ouistiti avant les photos.

Privilège final, avant de quitter Anita et Norbi, nous pourrons visiter leur lieu de travail avant de partir. Et quel lieu pas banal : un centre de scientologie. Nous découvrons tout le bâtiment et les formations dispensées. Une expérience unique.

Enfin nous reprenons la route après 10 jours touristiques. Nous traversons une dernière fois Budapest le long du Danube, puis suivons un canal bordé de maisons en plein boom de rénovations. A court d’eau et lassé des zigzags autours des nids de poule, nous nous arrêtons dans un camping. Nous sommes surpris par la nuit qui tombe à 18h30. Les journées sont bien courtes en partant à 11h…

C’est reparti pour l’Eurovélo 6

L’eurovélo 6 que nous avions parcourus le long de la Loire se retrouve à nouveau sur une levée (grande digue) du Danube. Cela nous permet d’avoir la vue sur une grande plaine céréalière mais en contre-partie nous expose à un fort vent hélas de face. Ajoutez à cela un revêtement herbeux et bosselé et vous comprenez pourquoi tout le monde est au lit à 20h.

Nous croisons quelques cyclos en cette fin de saison et d’autres amateurs de cette digue : les vipères… elles profitent du goudron en cet été indien. Nous en voyons de nombreuses écrasées puis certains spécimens beaucoup moins morts… Daphné s’arrête alors pour en prendre une en photo et prévenir un autre cycliste. Ouf, le local donne un grand grand coup de guidon à temps pour…. ne pas rater le serpent qui s’enfuit bien amoché… on comprend mieux le nombre d’écrasées.

Donc pas de photo de vipère, désolés

L’après-midi est brève car Julian fête sa première migraine du tour donc nous passons l’après-midi et la nuit au bord d’un stade de foot.

Le lendemain est un tout autre jour. La digue est goudronnée, nous avons le vent dans le dos et nous glanons des noix et des pommes. Nous clôturons cette belle journée avec le duo magique : pizza-bières puis allons au camping.

1er ramassage de noix

Vendredi 4 octobre, il ne nous reste plus que 50 km avant la frontière Serbe. Nous pouvons donc soit faire une petite étape et dormir avant, soit passer directement de l’autre côté. Nous jouons la sûreté et visons une aire de jeu peu avant le poste frontière.

Enfin sûreté, c’est rien de le dire… à partir de 15km de la frontière, nous rencontrons avec étonnement un grand nombre de voitures de police. Puis nous voyons des militaires postés aux carrefours et dans des cahutes tous les 100m le long des champs… enfin un grand rassemblement de tout plein d’uniformes à chaque minuscule pont de cette zone marécageuse. Ça ressemble à la fois à une énorme battue et un siège de guerre. Sauf qu’ici la proie ou l’ennemi est armé de valises et vient de se taper la traversée de la Méditerranée sans l’option cabine ou des milliers de kilomètres à pied.

Nous arrivons tout de même à notre aire de jeux… déserte depuis quelques temps. Nous patientons en goûtant des noix, puis attendons une des innombrables patrouilles pour savoir si on peut camper ici. Les militaires semblent ok mais la police rejoint la conversation. « Where do you come from ? » « France ». OK. C’est là qu’on mesure la chance d’avoir un passeport français.

Notre camp pas si paisible

Nous plantons le campement et Julian part chercher de l’eau. Il revient donc avec de la bière… les locaux n’ont pas perdu le sens de l’hospitalité. Nous pouvons alors admirer, telle dans de grandes capitales, la relève de la garde… mais ici ça se passe à grands coups de convois de camions de troupes… 20h tout le monde est couché mais les chiens aboyant après tout ce qui bouge, les chouettes qui hululent et les renards qui glapissent ne détendent pas l’atmosphère. Une fois le sommeil tout juste trouvé, la tente est illuminée par des phares de voitures et une lampe torche. Un échange aux talkies-walkies et tout ce dérangement repart. Le cardiaque se calme à nouveau et nous profitons du reste de la nuit.

Le lendemain matin, nous profitons quand même du toboggan (scène surréaliste dans ce cadre), tout en entendant des coups de feu… nous serons soulagés de voir plus tard un 4×4 porter un chevreuil mort (rip le chevreuil) derrière lui… Tout va bien !

Puis nous partons pour dépenser nos dernières pièces et passer le poste frontière comme une formalité dans ce sens. Un coup d’œil sur les chemins de ronde et les murs de barbelés et nous voilà soulagés d’être en Serbie.

Bye bye la Hongrie !

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5 réflexions sur « Allez, Hongrie tous : « Plus à l’Est » ! »

  1. Julian, je crois que t’arrive au stade où le casque devient inutile vu l’épaisseur de ta tignasse sur la tête! En tout cas, le nom du blog vous va vraiment bien!

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  2. Bonjour les amis 🙂
    cela nous fait plaisir de lire vos petits souvenirs de Budapest 🙂
    Nous sommes heureux d avoir fait partie, un tout petit peu, de votre grand adventure.Bisouusss

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  3. 6 mois, ça c’est fait. 🎂. Descente tranquille vers le sud, tel les oiseaux migrateurs, c’est la saison.!!!! Des bises Sylv1.

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  4. Catherine Krupezack 12 octobre 2019 — 16 h 32 min

    Coucou vous 3! Ha Budapest je connais un peu mais ambiance frontière dur dur.. Epoque triste.. Alors direction le sud avant l’hiver ! Bonne route et continuez de nous faire rêver (je rate pas 1 seule étape blog).
    Biz ous. Cat

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  5. fanettegegehotmailfr 15 octobre 2019 — 17 h 26 min

    Nous suivons assidûment vos aventures ! Encore bravo nous sommes plein d’admiration ! Bon vent pour la suite. Bises à tout les 3
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    ________________________________

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