Écosse, épisode 2 : Au pays des Highlanders

(note pour Gégé : prononce « aille landeurs », pas « i-glandeurs« )

Me voilà donc avec une carte blanche pour cet épisode ! oui c’est Daphné’mum (ou la belle-mère de Julian (j’en vois qui ricane), ou la grand-mère d’Apolline) autrement dit Dominique qui écrit aujourd’hui,14 août, de retour d’Écosse.

J’ai bien compris le (mauvais) rôle qui m’est dévolu d’écrire ce que nos voyageurs n’osent dire. Mais pas question pour moi de révéler que certains hôtes étaient plutôt glauques, ni que l’humidité persistante moisit les sacs en toile, ni que les midges, ces nuages de petits insectes qui (me) piquent, rendent fous et obligent à se réfugier sous la tente de bonne heure et …non je ne dirai rien !

J’ai donc atterri à Edinburg, loué la C3 et foncé vers Inverness, 180 miles, ou 290 km au Nord, à rouler à gauche, une première pour moi. Je découvrais la route longeant le chemin emprunté dans la semaine par nos aventuriers et les retrouvais au camping près d’Inverness, la capitale des Highlands. Après un pique-nique dans un parc, nous nous rendons à une quinzaine de kms chez Keith, près du Loch Ness, chez qui seront entreposés les vélos et la charriote. Ce qui m’a bien faire rire, c’est que ce fervent cycliste était plus impressionné par ma performance de conduire à gauche sur un tel parcours que par le récit du voyage à vélo ! Fallait voir la tête de Daphné et Julian, eux les aventuriers, se faire voler la vedette !!

Direction Dornoch où a lieu le 2 août des « Highlands games ». Ces jeux, qui attirent beaucoup les touristes (surtout français), n’en demeurent pas moins des jeux traditionnels pris très au sérieux par les participants qui se présentent devant les jurys. Les plus spectaculaires et les plus connus sont les épreuves de force avec lancer de poids de 30 kgs par-dessus une barre en hauteur, et le porté puis lancé d’un fût de bois de 6 m qui doit être retourné et retomber du bon côté.

Les jeunes filles concourent pour la danse traditionnelle la plus parfaite, la préparation demande un entraînement intense. Le concours de pipers (cornemuse) répond lui aussi à des consignes qui semblent strictes de musique et de déplacement. Les enfants ont aussi leurs courses tels que nous les voyons chez nous dans les jeux de village. Le tour du stade en vélo sur l’herbe est pas mal non plus ! Julian est resté scotché devant les colosses, Apolline devant les pipers et Daphné devant les danseuses athlétiques, tout ça sous le soleil. Pff prendre un coup de soleil en Écosse, ça commence bien pour moi !

Samedi 3 août, en route vers le Noorrd, à travers un Sutherland tranquille fait de douces montagnes et d’innombrables lacs. Et tout en haut, le Kyle of Tongue, notre premier fjord. à partir de là, nous allons jouer à cache-cache entre montagnes et lochs avec toujours autant d’émerveillement.
à Tongue, puis à Durness sur la côte Nord.
Près de Kinlochbervie, le guide indique une plage au sable blond et eau turquoise, abritée du vent. Nous faisons le détour et ne sommes pas déçus de la belle vue qui s’offre à nous, avec la marée haute. Nous prenons les traditionnelles photos, avec sur la plage d’Oldshoremore des personnes en train de se rhabiller. Ces écossais ne sont décidément pas frileux ! à moins que ce ne soient des scandinaves. Nous tentons de mettre les pieds dans l’eau, et puis les genoux, et finalement, avec un peu de motivation, nous y allons pour quelques brasses ! Wouah, c’est génial, en sortant de l’eau nous n’avons même pas froid, il fait 22° ! Température qu’on ne retrouvera plus.

plage d’Oldshoremore

Nous avons donc entamé la descente le long de la côte ouest, empruntant des routes étroites épousant parfaitement chaque bosse du terrain et chaque repli de la montagne.

Je dois rester concentrée sur la conduite, redoutant la rencontre avec un camping-car ou avec des cyclistes, car on ne peut se croiser même avec un vélo ! Mes cyclistes ne regrettent pas de tels parcours avec, en plus, des pentes à 25% ! Ce qui leur manque c’est la visibilité à 360°, les arrêts n’importe où …la sérénité quoi !

Lorsqu’Apolline a fini sa sieste, nous partons faire de petites randos pour visiter des ruines de château près du Loch Assynt, ou celles d’une abbaye, des cascades en forêt, des petits sommets de Bealach na Ba, grimper sur les rochers et s’extasier aux points de vue. Ou parcourir un village, le petit port de Plockton et goûter les fish & chips ou le sandwich au higgins. Nous visitons le château d’Eilean Donan Castle, qui retrace la vie du clan MacLeod (NDLR: en 600 avant Christophe Lambert). Et choisissons des campings en bord de mer, près de Lochinver, de Gairlochs ou Lochcarron.

A part le vélo, je vis à leur rythme bien huilé : trouver le lieu où planter la tente, préparer le repas, préparer Apolline pour la nuit c’est-à-dire faire la toilette, jouer, enfiler le pyjama (si elle veut bien), la turbulette et arrive le moment du biberon où calmée, elle s’endort dans les bras ou dit bye-bye quand on la couche sur son petit matelas entourée du duvet de papa ou de maman. Et le matin, c’est elle qui siffle la fin de la grasse mat. Bib du matin, petit-déj ensemble, faire sécher la tente, plier le duvet, toilette, il est 10h, on peut partir !

La fin du séjour approche, nous quittons la côte ouest pour rejoindre la région d’Inverness, en longeant le Loch Ness qui n’avait rien de particulier ce jour-là. Nous faisons un crochet par les montagnes du Glen Affric. Nos pas nous conduisent, à travers une forêt de vieux et hauts Douglas, vers la river Affric gonflée par l’orage de la veille et vers une cascade de 60m assez impressionnante.

Retour chez Keith qui nous reçoit comme des princes. Et aussitôt, direction le garage aux vélos, pour faire le transfert des sacoches. Je me rend compte que ce qu’ils transportent remplit un coffre de voiture ! Prêts pour partir demain… mais Julian s’aperçoit qu’il n’avait pas remarqué auparavant l’usure avancée des pneus de la charriote, ainsi que la petite hernie au pneu du vélo de Daphné. Heureusement, Inverness n’est pas loin et le magasin de vélo est ouvert le dimanche.
Ce dimanche matin, 11 août, il pleut, mais tous les trois remontent sur leur monture, tout heureux de les retrouver.

Dans le train du retour, je lis « le Tao du vélo » de Julien Leblay (éd Transboréal) qu’ils m’ont confié. Dès les premières pages, l’auteur a comme Daphné et Julian, laissé son vélo pour aller en voiture. Il croise

« un cyclotouriste au visage grimaçant cinglé par une pluie violente. Il paraît heureux. J’aimerais être à sa place, abandonner le confort supposé, l’inconfort masqué, de la voiture qui m’emprisonne pour enfourcher à nouveau mon vélo et l’accompagner… La vue de ce voyageur à vélo fait remonter en moi l’instinct primaire du cyclonomade. J’aimerais aussi être fouetté par la pluie, bringuebalé par le vent. Je souhaiterais avoir à me réchauffer au pied d’un poêle, un maté à la main, offert par des hôtes de hasard ! je voudrais désirer la douche du soir, qui procure des sensations sublimes lorsqu’elle est rare… Pédaler pour retrouver la route et la solitude, compagnes fidèles qui me comblent de bonheur depuis que j’ai eu l’envie de découvrir le monde ainsi. »

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4 réflexions sur « Écosse, épisode 2 : Au pays des Highlanders »

  1. Salut les aventuriers!
    En voilà une belle étape qui explose le bilan carbone du périple! Heureusement, vous voilà repartis sur vos « VPM » (véhicules à propulsion musculaire) pour de nouvelles découvertes, sans crampes liées à cette trêve d’effort!?
    Cette année, on a testé les pistes cyclables (encore rares) au Portugal en pensant à vous. Vu que vous changez souvent d’idée de destination, vous pourrez toujours boucler votre tour par là-bas (le temps sec est garanti :-))
    Biz à vous trois!

    Alexe et 6ou

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  2. Avec Stef on est en plein soirée cornemuse !!!! Pensez pour vous 3 !!!! La bise 😉

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    1. Cornemusez-vous bien alors ! 😉 sinon en anglais cornemuse c’est pipe…

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  3. Avec les vacances, j’ai pris un sacré retard de lecture.
    Mamie Dom’ a fait du sacré boulot en nous contant toutes vos folles aventures écossaises. Même avec un mode déplacement motorisé, ça erste quand même l’aventure, mais le cycliste heureux n’abandonne jamais longtemps sa brave monture !

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