Écosse – Épisode 1 : peu importe le vélo tant qu’on arrive à l’Inverness

Et oui nous ne nous sommes pas fait manger par Nessie le monstre du loch Ness, ni fait étouffer sous un kilt de Highlander, ni briser les tympans par une cornemuse. Nous sommes bien en Écosse, sains et saufs et toutes nos excuses pour vous avoir laissé dans ce suspens insoutenable. De notre côté le suspens était également à son comble : quand allons-nous enfin pouvoir publier cet article de l’Écosse ???

Nous voilà enfin ! C’est parti pour un petit retour en arrière.

Après avoir vu défiler les jours et les bateaux à Larne en Irlande du Nord, nous voici à bord du ferry en ce mardi 16 juillet matin.
La traversée de deux heures nous amène en Écosse dont nous apercevions les côtes. Quelques kilomètres après le débarquement, nous rejoignons la signalisation de l’Eurovélo 1. Nous la suivrons jusqu’à Inverness en passant par Glasgow. Nous avons décidé de nous laisser guider pour ce coup-ci. Donc on a ni carte ni guide et nous suivons les petits panneaux bleus et les sculptures.

Et ça tombe bien car pour une fois depuis longtemps la route est assez plate, à minima sans montée brutale. Le tracé est idéal avec beaucoup de voies séparées.

Nous traversons le plus grand parc forestier d’Écosse : le Galloway. Les forêts d’épicéas alternent avec les coupes à blanc. Nous grimpons deux cols. Le décor parait alpin alors que nous sommes à peine à 300 mètres d’altitude.

Mercredi 17 juillet, la pluie arrive à peu près 4 minutes après notre départ et nous suivra toute la journée.

Pique-nique à l’abri sous un kiosque + courses + discussion avec un pêcheur écossais revenu au pays pour les vacances car il vit au japon + discussion avec un jeune agri qui trait les vaches, qui sort d’une dépression après la mort de sa grand-mère dont il s’est occupé… bref journée variée.

Nous arrivons enfin au camping où heureusement il y a un petit chalet-cuisine où on peut s’abriter.

Jeudi 18 juillet, en route pour le col, nous nous arrêtons pique-niquer avec les midges en se déguisant.

Nous décollons avec les premières gouttes qui nous suivront tout l’après-midi. Nous arrivons à l’aire de jeu de Maybole qui sera élue résidence du soir. Avant de nous installer, nous allons boire une bière au pub. Apolline finira assise sur le billard à jouer avec le patron… trop sympa.

Le matin, c’est un café chaud livré à domicile par un ancien marin de la British Army qui nous fait commencer la journée en beauté. Nous passons chez lui avant de partir pour remplir nos bouteilles et Apolline hérite d’un petit nounours marin qu’on nommera UB (à prononcer youbi) comme les sous-marins dans lesquels son ancien maitre pouvait passer trois mois d’affilée. Nous nous remettons en route chargés d’un pique-nique cadeau de notre copain marin avec baguette, fromage et chocolat pour Apolline.

Nous attaquons une nouvelle journée humide le long de la côte. En voyant les sommets couverts de nuages, nous nous réconfortons en nous disant qu’il n’y a bien que le vélo en itinérance d’adapté à ce pays…Normalement ce soir c’est camping, l’idée d’une bonne douche chaude nous réconforte sous nos capes de pluie. Mais surprise ! Le camping ne tourne plus ! Nous arrivons devant une belle pelouse mais des sanitaires fermés. Nous nous installons quand-même car c’est juste à côté d’une super aire de jeu et que les robinets extérieurs marchent encore. La douche ce sera pour une autre fois. Nous arrivons même à nous mettre à l’abri et à faire sécher nos affaires.

Samedi 20 juillet nous arrivons à Glasgow après 63 km dans la journée et un peu plus de 200 en 5 jours ! Nous sommes vannés mais la traversée de Glasgow a été plus facile que nous le pensions et on s’est gavé de framboises sur la route. C’est notre première grosse ville du voyage (seulement Nantes et Cork jusque là). Nous appréhendions la ville après une gosse étape comme ça, car stressant et demandant pas mal de concentration, mais la piste emprunte les différent parcs. Nous avons même pu voir les vaches locales.

Il ne nous reste plus qu’à attendre 22h que notre hôte warmshowers rentre chez lui pour nous accueillir. Nous nous sommes sacrifiés au restaurant italien, mais c’était vraiment juste pour passer le temps ! Apolline a bien tenu le coup toute la soirée, aidée par le serveur super cool.

Nous rencontrons donc Adrian vers 22h chez lui. Ce cinquantenaire a beaucoup voyagé à vélo mais uniquement dans les pays anglophones pour pouvoir jouer au scrabble avec les gens qu’il rencontre : concept génial. Et sinon pour gagner sa vie, il dessine des cartes de vœux. C’est une affaire qui tourne bien. Au UK, les gens s’envoient beaucoup de cartes, pour n’importe quelle occasion et dans tous les magasins, même dans les petites épiceries de station essence il y a des cartes de vœux, c’est rigolo. Du coup cela lui permet de vivre de ses cartoons. On passe un très bon moment avec Adrian mais malheureusement, il repart demain matin à 8h pour voir sa fille de 6 mois, ça aura été très court.

Dimanche, nous pouvons quand-même rester chez lui, du coup c’est repos, lessive et histoire : Daphné bouquine un livre sur Glasgow et Julian va visiter la ville pour de vrai… à nous deux on arrive à reconstituer l’ensemble.
Après plusieurs prises de contact avec des warmshowers vendredi et samedi, aucune n’aboutit et Adrian ne peut pas nous garder chez lui un deuxième soir. Une fois n’est pas coutume, nous réservons à l’auberge de jeunesse pour le soir même. Nous traversons Glasgow et ses bâtiments massifs sous la pluie.

Nous passerons finalement encore la soirée à papoter et jouer au billard cette fois avec Pierre et Emilie, un couple de français qui finissent leurs (petites) vacances en Écosse.

Lundi matin, le temps n’est pas très engageant pour faire du vélo. Nous voyons arriver par la fenêtre de notre chambre perchée sur une colline, le rideau opaque de pluie qui baigne Glasgow et les arbres se faire dangereusement secouer par les rafales de vent à 60 km/h. Nous trainassons donc à l’auberge de jeunesse et profitons du wifi avant de nous décider à prendre la route. Finalement tout se passe mieux que prévu ! L’itinéraire est séparé des voitures et bordé d’arbres, ce qui nous protège bien du vent. Quand nous quittons l’abri du vent, il ne nous reste que quelques kilomètres avant de tourner au Nord et de l’avoir dans le dos.

Tout ce vent a bien chassé les nuages et il fait très beau maintenant. Ce vent nous apporte aussi les effluves de douces fermentations… et oui on longe pas moins de cinq distilleries de Whisky avec des entrepôts gigantesques comme ceux de Ballantines. Nous arrivons au parc national du Loch Lomond par son lac éponyme. Nous pensions bivouaquer et profiter de cette vue, mais c’est très réglementé. Après une longue pause à l’aire de jeux où Apolline squatte une trottinette et Daphné discute avec un immigré Afghan arrivé en Écosse il y a 20 ans, nous reprenons la route pour une dizaine de km pour aller dans un camping. Peu de temps après notre installation Apolline se fait des copains pour jouer au ballon. Nous faisons donc connaissance de nos voisins neo-camping-caristes, un couple franco-allemand vivant à Londres. Les enfants sont donc trilingues. Célia, 2 ans, commence tout juste à parler en mélangeant un peu toutes les langues et Timeo fait des super démos de foot à Apolline. Ils sont trop choux, Apolline s’éclate et tombe net quand on la couche.

Mardi 23 juillet, sous un beau soleil, nous parcourons le parc national vers le massif des Trossachs. Des bosquets de myrtilles nous occupent dans un col et nous pouvons repartir tout colorés.

Nous suivons une piste de randonnée cyclo-pédestre aménagée qui passe dans la forêt. L’itinéraire est très beau et bien aménagé mais la montée n’en n’est pas moins raide.

Ce sera probablement la journée du voyage où nous avons le plus transpiré ! Tout arrive, même l’été et les températures atteignent maintenant les 26°C. La montée méritait bien cette petite suée car la vue est superbe. Nous pensons quand-même à l’état d’esprit dans lequel nous aurions été s’il avait plu ou si on avait du faire la même en France… l’Écosse est finalement un bon choix pour l’été. La descente dans les chemins titille nos âmes de vététistes qui voudraient bien aller plus vite, mais c’est pas grave, le paysage sert de lot de consolation et nous prenons quand-même beaucoup de plaisir. A la descente sur la piste de gravier succède un charmant petit chemin (qui ne sent pas la noisette mais plutôt la reine des prés) qui longe le lac et serpente dans la forêt au sous-bois moussu et aux fougères bourrues.

Là aussi, nous nous régalons. Nous finissons quand même par arriver chez Hamish et Sue après ces 48 km chauds et beaux. Nous filons immédiatement sous la douche avant d’entamer toute relation sociale avec nos hôtes. Après un petit apéro, nous nous délectons des lasagnes végétariennes cuisinées par Sue puis de son crumble aux cassis du jardin. Enfin des anglo-saxons qui s’intéressent à la bouffe ! Nous passons une super soirée à papoter et nous continuons le lendemain matin avec Sue qui ne bosse pas. Tous les sujets y seront passés : les voyages, le vélo, les enfants, la bouffe, les langues, la politique, la religion, l’histoire, le travail, l’obésité et même le trafic de drogue par les marchands de glaces !

Mercredi 24 nous avons un peu de mal à décoller de chez Sue, mais finissons par y arriver peu avant midi pour continuer avec d’autres lacs. S’en suit une averse pendant la réparation d’une crevaison. Pour compenser nous ne voyons pas une voiture de toute la journée car l’itinéraire cycliste emprunte la voie d’un ancien chemin de fer. L’ascension du col d’aujourd’hui est donc progressive et c’est tant mieux !

Nous nous posons au bord de la rivière pour ce soir avec vue sur toutes les montagnes alentour. Trop chouette.

Le lendemain nous longeons le lac Tay sur toute sa longueur. A midi nous tentons même une baignade. 5 minutes suffisent pour compenser la « chaleur » ambiante.

Pour rester dans le thème nous campons dans un site tenu par la fédération de canoë.

La route 7 continue de se faufiler dans les vallées pour monter vers le Nord. Nous faisons une halte dans un petit camping 5* avec un espace tente…en haut d’un talus.
Le lendemain nous longeons par l’ouest le parc national des Cairngorms.

Au bout dune montée de 30km, sous la pluie, le vent de face et coincés entre le train et l’autoroute nous franchissons le plus haut col du réseau cycliste d’Écosse : 462m…

Nous nous vengeons avec un bon thé et des gâteaux bien sucrés dans le premier community hall croisé. Les deux jours suivants seront bien plus plaisants car en descente et en grande partie sur des chemins dans la forêt. Nous bivouaquons d’ailleurs dans une belle pinède couverte de girolles…avec des pâtes fraiches et de la crème, un vrai régal.

En contre partie nous servons de repas aux midges, moustiques et tiques, légions dans ce sous bois. Petit rappel :

Les panneaux annoncent enfin Inverness à une distance abordable. Nous nous lançons dans l’espoir d’un hôte sur place. Nous faisons un agréable détour par un site vieux de 4000 ans les Calva Cairns.

Une fois reconnectés à internet, nous voyons que nos deux demandes ont échoué. Nous nous rabattons sur le camping en ville. Douche et lessive de tout pour se débarrasser des tiques voyageuses.

Le 30 juillet nous apprécions enfin une journée de pause dans Inverness pour faire un peu de shopping et gouter la cuisine locale : curry thaï et lamb tikka… Repus, nous pouvons attendre tranquillement la mère de Daphné qui nous rejoint le 31 Juillet.

Au final deux semaines bien roulées qui nous ont permis de traverser une grande partie de ce pays. Vu les reliefs, il est grand temps de changer de moyen de locomotion avec la voiture de location à venir pour 10 jours.

Le prochain article sera donc un morceau de voyage en voiture. Nous revenons à la « normalité » et abandonnons donc nos montures pour une dizaine de jours. Nous sommes en stress de voyager en voiture : ça va être galère pour se garer, et comment on va faire ? Et il va falloir aller faire le plein, et est-ce que tous les bagages vont rentrer dans cette petite C3 ? Comment on va faire pour trouver les spots de camping sauvage ? Bref, plein de question surgissent comme si c’était la première fois, nous allons bouleverser nos petites habitudes pour une semaine… nous vous raconterons toutes nos impressions au prochain épisode !

En attendant :

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5 réflexions sur « Écosse – Épisode 1 : peu importe le vélo tant qu’on arrive à l’Inverness »

  1. Coucou
    Vos post sont tjr au top. Enfin des vrais lasagnes pour contenter Julian 😋
    Bon courage pour la suite.
    Et continuez de nous faire découvrir le Norrrd.
    A bientôt.
    Jeremie

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    1. Bien d’accord avec Jérémie, on se régale à vous lire !
      Merci pour cet article, en effet le suspense devenait intenable et je commençais presque à m’impatienter 🙂
      Malgré la pluie vous avez l’air d’en profiter, ça donne franchement envie !
      Bonnes vacances avec la Maman de Daphné (mieux que « bonnes vacances en voiture » 😉 ) !

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  2. Pff je commençais vraiment à m’inquiéter et à être en manque de vos histoires
    Je vous comprends, c’est plus angoissant de voyager en voiture qu’en vélo, par contre les bagages sembleront probablement plus légers
    Et au fait, y’a des petits pois en Ecosse ?

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  3. Vicente Mathilde 9 août 2019 — 12 h 55 min

    Salut Daphné,
    Génial ton blog, j’avais pas encore pris le temps de le regarder….. Toutes mes félicitations vous êtes déjà en Écosse!!!Bon courage à vous.
    PS Je vais prendre le temps de le lire depuis le début.

    Gros bisous à vous trois
    Mathilde

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  4. Coucou les aventuriers !

    Contents d’avoir croisé votre route à Glasgow et de lire la suite de votre périple en Ecosse !! Cela nous rappelle de bons souvenirs 🙂
    Profitez bien du road-trip en famille et hâte de lire la suite de vos aventures !

    Emilie et Pierre

    J'aime

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